Bandeau_reaf_Complet.gif

Police de proximité en Guinée, du modèle importé au modèle colonial : le pouvoir de police des chefs traditionnels
Fodé Camara  1, *@  
1 : Laboratoire des Sciences Sociales du Politique  (LaSSP)  -  Site web
Institut d'Études Politiques [IEP] - Toulouse
EA 4715 2, ter rue des Puits Creusés BP 898 31685 Toulouse Cedex 6 -  France
* : Auteur correspondant

Dans cet article nous nous appuierons sur une enquête réalisée par COGINTA en Guinée dans le processus de la mise en place de la police de proximité. Une reconsidération du rôle des chefs traditionnels ou chefs de quartier pour les grandes villes, notamment dans le recours à l'arbitrage. Une forme de juridicisation qui désignerait principalement à la fois la multiplication de ces recours judiciaires par les acteurs sociaux. Il en résulte des sollicitations de plus en plus croissantes de la justice pour traiter des problèmes clefs de la société, et le déplacement de plus en plus fréquent du traitement d'affaires de l'arène politique vers l'arène judiciaire.

Il est évident qu'entre le système juridique et le pouvoir politique, il subsiste encore des « enjeux fondamentaux dans les façonnements par les pratiques et les idées». Certes la mise en place d'une police de proximité en collaboration avec les chefs de quartier favoriserait ces façonnements et les métissages qui en découlent. Néanmoins, en l'absence d'un cadre claire et un statut juridiquement défini des chefs de quartiers suivis d'une autonomie organique suffisante, ils ne seront que de simples « marionnettes » au service du pouvoir politique, schéma déjà observé à l'époque coloniale.

L'objectif étant ici de savoir comment se légitime le pouvoir de police des chefs traditionnels, désormais placés comme intermédiaire entre le Droit coutumier et le Droit national. Cela pourrait conduire à mettre la lumière sur les nouvelles dynamiques et stratégies mises en place par les différents acteurs.


Personnes connectées : 1