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Essor de la traite des esclaves et souveraineté politique de communautés côtières malgaches au XVIIIe siècle
Rafaël Thiebaut  1, *@  
1 : Institut des mondes africains  (IMAF)  -  Site web
Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne : ED113
Institut des mondes africains - 9, rue Malher 75004 Paris -  France
* : Auteur correspondant

La traite des esclaves à Madagascar est indéniablement à relier, dans la longue durée, à l'émergence de pouvoirs locaux. L'arrivée des Européens aux XVIe-XVIIe siècles confirme voire accentue ce phénomène. En effet, Néerlandais et Anglais commercent dans des ports jusqu'alors peu ou pas fréquentés par les marchands indianocéaniques, augmentant ainsi le volume de la traite. Cela a des conséquences majeures pour les sociétés littorales malgaches. Ainsi, les Sakalava et les Betsimisaraka jouissent, par ce commerce, d'un accès direct à des armes à feu, munitions et poudre à canon - atouts primordiaux leur permettant de s'imposer face à des communautés voisines. Grâce à une activité commerciale régulière, Sakalava et Betsimisaraka parviennent ainsi à consolider leurs conquêtes et centraliser leur pouvoir.
Cette communication entend éclairer la place de la traite des esclaves au cœur de formations politiques malgaches, par le biais de documents encore largement inexplorés issus des archives néerlandaises et françaises. Nous montrerons par exemple comment les modalités des échanges ont aussi pleinement participé de l'affirmation de souverainetés locales en se muant fréquemment en véritables performances politiques. En effet, si le commerce ne donnait pas lieu au prélèvement de taxes, comme en Afrique de l'Ouest, il obligeait les marchands européens à reconnaître la légitimité des souverains lors de visites répétées et ritualisées.


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