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De malaises identitaires en branchements inter- et trans- nationaux : le cas de l'île Maurice
Anthony Goreau-Ponceaud  1, *@  
1 : Les Afriques dans le monde  (LAM)  -  Site web
Sciences Po, CNRS : UMR5115
11, Allée Ausone 33607 PESSAC CEDEX -  France
* : Auteur correspondant

La société mauricienne est un site privilégié pour analyser les contacts entre monde africain et monde indien. Le trait saillant de Maurice tient à la diversité de sa population, composée d'une mosaïque de communautés. Au lendemain de l'indépendance, obtenue en 1968, on pouvait se demander si la communauté nationale existait, tant les différences entre des groupes ethniques rassemblés sur un espace restreint étaient visibles. Aujourd'hui, le processus de création de nouvelles minorités à Maurice a amené divers groupes à réclamer un statut de défavorisé, générant une « épidémie de malaises » dans l'île. « Malaise rajput » par exemple, car les hindous qui sont membres de cette caste se disent sous-représentés parmi les hauts cadres du gouvernement. Malaises minoritaires mais aussi majoritaires (si tant est que l'on puisse utiliser cette terminologie dans le cadre mauricien sans risquer de se tromper) : ici on évoque un « malaise hindou », là un « malaise arc-en-ciel » voire même un « malaise général ».
Véritable zone d'interface, l'île Maurice est marquée par un rapport complexe à l'autochtonie ainsi qu'une problématique de la différenciation et de la mise en relation de populations transplantées, implantées, mélangées et, en définitive, regroupées en communautés de pratiques. Dans cette communication, il s'agira de mettre en écho « malaise créole » (Boswell, 2006) et « malaise tamoul » (Goreau-Ponceaud, 2014) pour comprendre la complexité des processus de marginalisations, de compartimentation ethnique de la société mauricienne et questionner le rôle des liens diasporiques et des politiques de patrimonialisation dans la réinvention d'une identité et la cristallisation d'une mémoire. A partir d'une comparaison, cette communication entend ainsi questionner l'hybridité et la fabrication des Afriques cosmopolitiques.


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