Bandeau_reaf_Complet.gif

Politiques publiques mémoriels du MPLA dans l'Angola post-guerre: histoire, mémoire et identité dans les manuels d'histoire de la 5a classe à la 12a classe.
Juliana Lima  1, *@  
1 : Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne  (UP1)  -  Site web
Pres Hesam, Université Paris I - Panthéon-Sorbonne
12 place du Panthéon - 75231 Paris Cedex 05 -  France
* : Auteur correspondant

Cette communication se consacre à l'analyse de la gestion du passé par le régime du MPLA dans l'Angola post-guerre à partir d'une approche en termes de politique publique. Si les amnisties et l'incitation à l'oubli ont fait partie des politiques de sortie de conflit du régime, elles ont surtout fonctionné comme un outil de dépolitisation du passé créant un cadre favorable à que les politiques mémorielles du régime puissent fleurir au grès de la fabrication d'une histoire écrite par le haut.

Sous couvert du silence autour du passé, c'est finalement une mémoire collective bornée par l'histoire du MPLA qui se dessine, renforçant le projet idéologique du parti de transformer la nation à son image (SOARES DE OLIVEIRA). Si l'écriture d'une histoire de vainqueurs vise forger une mémoire collectif au grès de l'histoire du MPLA, celle-ci intègre les référenciels (GENSBOURGER) qui donnent sens à la fois à la nation angolaise et à la définition de l'Angolanité tel que les envisage le MPLA. Il en ressort une politique plus large qui défini qui a le droit de parler du passé et ce que peut être dit sur le passé. De cette politique il en résulte la fermeture de l'espace public aux expressions mémorielles dissonantes de la mémoire historique (LAVABRE) tel quelle est véhiculée par les régimes successifs du MPLA depuis l'accès à l'indépendance.

Cet argument sera démontré à partir de l'enseignement de l'histoire dans le cadre de la reforme éducationnel mené par le régime entre 2001 et 2012. A travers l'analyse des programmes et des manuels scolaires je montrerai que la gestion du passé par le régime s'inscrit dans la continuité – autant qu'elle est contrainte par – les politiques mémorielles mises en place par MPLA depuis l'indépendance. Les entretiens semi-directifs menés avec quelques enseignants du secondaire ainsi que l'observation participante dans la IV rencontre internationale d'histoire de l'Angola et l'analyse des « Anales » des rencontres précédentes complèterons mon analyse. J'identifierai les enjeux qui émergent de l'écriture de l'histoire angolaise et je montrerai en quoi ils sont révélateurs à la fois des luttes symboliques de légitimation et des querelles identitaires qui obsèdent la nation angolaise depuis l'indépendance. Je montrerai alors en quoi ces tensions, notamment autour de race et de classe, renvoient à un malaise identitaire du propre MPLA, retentissant dans le projet de nation du régime.


Personnes connectées : 2