Bandeau_reaf_Complet.gif

Histoire postcoloniale, fiction et violence politique: le coup d'Etat avorté de Mai 1977 dans la littérature Angolaise
Dorothée Boulanger  1@  
1 : King's College Londres

Le 27 Mai 1977 à Luanda, une manifestation populaire et un soulèvement militaire visant à renverser le régime du président Agostinho Neto échouent. Issus d'une faction dissidente du Parti au pouvoir, le Mouvement Populaire de Libération de l'Angola (MPLA), les putchistes parviennent dans un premier temps à s'échapper, non sans avoir auparavant enlevé et exécuté une dizaine de dirigeants du MPLA. Leur traque et leur capture ne sont que la premiére étape d'une vague de répression qui fera des milliers (peut être des dizaines de milliers) de morts à travers tout le pays, mais principalement dans les villes. Alors qu'une chappe de plomb s'abat sur le pays, l'évènement devient un tabou majeur de l'histoire récente de l'Angola, avant de ressurgir, prudemment, dans le discours académique, privé et public, ces dernières années.

Qu'en est-il de son traitement littéraire? Quels regards posent les écrivains angolais sur cet épisode considéré aujourd'hui comme une clef majeure de compréhension de la trajectoire postcoloniale du pays? La question de la place de cet épisode historique traumatique au sein de la littérature postcoloniale revêt un sens particulier en Angola, où les écrivains se sont illustrés á partir de la fin des années cinquante pour leur engagement massif, aux côtés et au sein du MPLA, en faveur de l'indépendance, dénonçant sans relâche la brutalité et l'iniquité de la domination portugaise, avant de devenir des membres influents des premiers gouvernements indépendants à partir de 1975.

En analysant différents romans de José Eduardo Agualusa, Boaventura Cardoso et Pepetela, nous chercherons à montrer ce que l'évolution du traitement du "27 mai" dans la fiction angolaise dit à la fois du rapport des écrivains au pouvoir angolais, de la place de cet évènement dans la memoire collective angolaise et du rôle des écrivains en Angola.

 

 

 

 

 

 


Personnes connectées : 1