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Promesses, limites et modalités d'une contribution de l'anthropologie à la communication et à la définition des protocoles médicaux améliorés de prise en charge de la malnutrition aigue sévère de l'enfant – Retour sur une expérience dans l'espace Houssaphone du Niger
Jean-Francois Caremel  1, 2@  
1 : LASDEL  -  Site web
BP : 12901 Niamey -  Niger
2 : Centre de recherche, Médecine, Sciences, Santé, Santé mentale, Société  (CERMES3)  -  Site web
Université Paris Descartes, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), CNRS : UMR8211, Inserm : U988
Campus CNRS de Villejuif. Bât C. 7, rue Guy-Môquet. 94801 Villejuif Cedex -  France

Cette communication propose un retour les modalités des contributions de l'anthropologie à un programme de recherche conduits en lien avec MSF dans le but de simplifier des protocoles de prise en charge de la malnutrition aigue de l'enfant, dans l'espace haoussaphone, au Sud du Niger/ nord du Nigeria. La première partie du propos revient sur les enjeux de traduction de la notion de « malnutrition » dans l'espace haoussa. Nous soulignons la nécessité initiale de l'abandon de la notion biomédicale et les contributions d'une entrée par les symptômes, seule à même de nous faire explorer les entités nosologiques populaires et les univers de sens locaux de l'amaigrissement qui les entourent. Mais au delà de ces considérations, nous illustrons l'apport clef en matière de recherche, de communication comme de compréhension des résultats par les acteurs de la médecine, d'une anthropologie symétrique. En traitant avec la même démarche les représentations populaires de la « malnutrition » et celles de la médecine humanitaire, nous soulignons la mobilité et la flexibilité des contours de la pathologie dans son appréhension biomédicale comme populaire, notamment dans le cadre du la malnutrition, sous l'influence des innovations médicales. Ceci conduit à proposer une lecture de la traduction dans son acceptation par Sociologie des Sciences et des Techniques. La seconde partie du propos s'intéresse non plus aux formes de désignation et de sens mais à l'importance pour la communication d'une prise en compte représentations sous-jacentes des personnels de santé de la maladie et des patients. Nous explorons ici les recours quasi-généralisé chez les personnels de santé des notions de « négligence maternelle », d'opportunisme thérapeutique » et de nomadisme de soins (que génère la valeur marchande et sociale des Aliments Thérapeutiques Prêts à l'Emploi qui sont à la base du traitement...) pour expliquer les problèmes rencontrés dans les programmes caractérisés par une médecine inhospitalière. Nous soulignons in fine l'influence de ces représentations dans le cadre de relationnel fortement asymétrique sur la qualité des interactions soignants-soignés et le déplacement progressif de la contribution de la recherche non plus a la seule traduction mais a la question des interactions de soins au sens large. Dans un troisième et dernier temps nous expliquons comment cette entrée par les traductions nous a conduit à développer des programmes de recherche impliqués sur de multiples enjeux (qualité des soins, perception et usages de produits, redéfinition de la place des mères dans les protocoles de prise en charge...) et comment la traduction conduit à une activité de médiation dans laquelle les équipes et les profils hybrides de chercheurs et praticiens sont déterminants pour négocier le contenu des programmes et assurer un accompagnement du savoir anthropologique généré.


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