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Entre le Mali et la Chine. L'émergence de nouvelles figures sociales maliennes
Françoise Bourdarias  1@  
1 : Centre d'Etudes en Sciences Sociales sur les Mondes Africains, Américains et Asiatiques  (CESSMA)  -  Site web
Université Paris VII - Paris Diderot, Institut de Recherche pour le Développement - IRD (FRANCE)
Université Paris Diderot, Bât. Olympe de Gouges, case postale 7017, 75205 Paris cedex 13 -  France

Atelier : Entre la Chine et l'Afrique : l'émergence de nojuvelles figures sociales

Le développement des relations entre la Chine et l'Afrique contribue à l'émergence de nouveaux groupes sociaux. Ce phénomène peut être observé dans tous les pays africains. Les identités collectives, les stratégies sociales qui s'élaborent dans ce cadre empruntent des formes singulières, liées à l'histoire des diverses configurations sociales concernées, aux tensions et aux conflits qui les traversent.

La communication proposée concerne le Mali. Les relations avec la Chine se sont nouées dès l'indépendance, la présence chinoise et les options politiques socialistes adoptées par le gouvernement de Modibo Keita se trouvent associées dans les imaginaires politiques maliens. Dans un contexte caractérisé par une situation de crise économique, par le désengagement de l'État et la délégitimation du pouvoir politique, les débats sociaux liés au développement des activités chinoises au Mali permettent d'appréhender les transformations des représentations du politique et du rôle attribué à l'État. La pertinence du « modèle chinois », les conséquences économiques et politiques de la présence chinoise au Mali donnent ainsi lieu à de multiples controverses.

Les catégories d'acteurs sociaux dont il sera question ici seront situées dans ce contexte. Elles se perçoivent selon les cas comme des intermédiaires, des médiateurs entre la Chine et la population malienne, comme des « alliés de la Chine », ou comme des intellectuels capables de concevoir un nouveau modèle social en sélectionnant certains traits du « modèle chinois » tout en préservant l'indépendance économique et culturelle malienne.

Il s'agit là d'une population très hétérogène, tant par les capitaux économiques, sociaux et culturels acquis que par les trajectoires et les positions sociales occupées. Certains groupes ont fondé des associations (de « diplômés formés en Chine »), d'autres se caractérisent par des stratégies économiques et culturelles strictement individuelles.

Je sélectionnerai dans cette communication trois populations : les ingénieurs, médecins et journalistes formés en Chine ; les guérisseurs locaux reconvertis dans la « médecine chinoise » ; les commerçants circulant entre le Mali et la Chine.

Je m'intéresserai tout particulièrement aux syncrétismes culturels et politiques élaborés dans ces différents groupes et aux tensions sociales qu'ils révèlent.

 


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