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Représentantes d'organisations de femmes francophones africaines en mouvement... entre espoirs de pan-africanisme, barrières linguistiques et divergences d'idées
Elisabeth Hofmann  1@  
1 : Laboratoire les Afriques dans le monde  (LAM)
Sciences Po Bordeaux

Les acteurs - surtout des femmes, mais pas exclusivement - qui luttent pour les droits des femmes en Afrique sont nombreux, se rencontrent, se croisent et se concertent. Quelles sont les logiques des déploiements pratiques et transnationaux des militances, au delà des frontières linguistiques ? Quelle transnationalisation des militances à l'intérieur de l'Afrique et entre les espaces francophone et anglophone africains ?

Premièrement, se pose la question du poids de l'héritage colonial et plus spécifiquement concernant l'impact de la francophonie (avec certains acteurs plus "pro-féministes" que la France, comme le Québec, la Suisse, la Belgique,...). Deuxièmement, l'enjeu du panafricanisme est de taille par rapport à l'importance des repères identitaires et la quête d'une légitimité endogène des revendications. Troisièmement, la complexité de l'articulation avec la scène internationale est à étudier, en fonction des rapports de force réels (liés aussi aux moyens), de la place de la diaspora et des barrières linguistiques qui restent significatives.

Basé sur la littérature et des entretiens avec des activistes de femmes dans Cameroun francophone au sujet de leurs parcours de militantes, nous analysons l'importance des circulations transnationales à l'intérieur et au-delà des espaces linguistiques. Le rôle de la diaspora et d'autres acteurs locaux, nationaux et internationaux qui donnent des impulsions diverses est considéré et les facteurs individuels sont pris en compte, y compris des épisodes de migrations dans les cycles de vie des femmes interrogées.

Conceptuellement, ce travail s'inscrit dans certains points de convergence entre la sociologie des mouvements sociaux et la sociologie des rapports sociaux de sexe ou du genre. Selon Dunezat (2006), se dessine ici « une autre sociologie des mouvements sociaux : celle qui ne néglige pas l'hétérogénéité des pratiques et des protestataires, qui utilise des méthodologies qualitatives, qui fait de l'action collective un espace-temps dans lequel les rapports sociaux de sexe ou le genre sont rejoués, reconfigurés ». L'analyse des entretiens biographiques apporte des éléments de réponses à la question : dans cet espace temps de l'action collective, les représentantes sont certes en mouvement, mais forment-elles pour autant un "mouvement" à l'échelle du continent ?



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