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Les Traces de l'intimité. Ce que l'intime peut nous dire du social : premiers jalons pour une analyse des relations amicales à Madagascar (fin 19ème - années 1930)
Violaine Tisseau  1@  
1 : Institut des mondes africains  (IMAF)  -  Site web
Institut de Recherche pour le Développement - IRD (FRANCE), Aix Marseille Université, École Pratique des Hautes Études [EPHE], Université Paris I - Panthéon-Sorbonne, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), CNRS : UMR8171
Institut des mondes africains - 9, rue Malher 75004 Paris -  France

Atelier Les traces de l'intimité : penser l'individu en Afrique.

Ce que l'intime peut nous dire du social : premiers jalons pour une analyse des relations amicales à Madagascar (fin 19ème - années 1930)

Violaine Tisseau (IMAf), violaine.tisseau@gmail.com

 

La pratique du journal intime ou de l'écriture de mémoires narrant la vie des familles est relativement répandue parmi les familles de notables des Hautes Terres. Le développement de la scolarisation sous l'impulsion conjointe des missions protestantes et de la monarchie merina ont en effet favorisé l'apparition d'une élite scolarisée dès le 19ème siècle et par conséquent de la pratique de l'écrit. Or s'intéresser à l'intime conduit à se pencher sur ces formes d'écriture du for privé. Je propose à partir de l'analyse de deux journaux rédigés par des Malgaches de m'intéresser aux relations amicales de la fin du 19ème siècle aux années 1930 et de montrer en particulier comment ces dernières soulignent les limites d'un ordre colonial en partie fondé sur la séparation. Le premier journal étudié est celui de Rakotovao [1829-1909] : il s'agit d'un officier d'abord déchu du fait de sa conversion au protestantisme, avant la colonisation, puis réintégré dans ses fonctions. Il a tenu un journal qui couvre la période allant de 1843 à 1896. Le deuxième journal est celui de Rabearivelo [1903-1937], écrivain et poète, qui détaille ses activités quotidiennes qu'elles soient en lien ou non avec ses activités créatrices. Ces deux journaux constituent des sources irremplaçables pour approcher l'intimité des individus et obligent au choix de la micro-histoire. Au-delà d'une histoire située, socialement et personnellement, l'exploration de ces sources offre une lecture renouvelée de la situation coloniale. Il s'agira de tenter de mettre en avant les processus par lesquels l'amitié s'élabore à partir des milieux sociaux que l'individu fréquente régulièrement et qui construit son entourage social et de tenter d'évaluer dans quelle mesure l'amitié est codée et informée par les relations sociales. L'amitié, qui se veut lien non contractuel, se situe en effet dans une tension permanente entre l'autonomie individuelle et l'inscription sociale. Elle peut en particulier être un espace de questionnement de l'ordre colonial, Giddens comme Honneth en faisant un des fondements de l'idéal démocratique.



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