Bandeau_reaf_Complet.gif

La poésie des pêcheurs de la Vallée du Fleuve Sénégal : approche écopoétique.
Marie Lorin  1@  
1 : Institut National des Langues et Civilisations Orientales  (INALCO)
INALCO PARIS

Le Diârâlé est une poésie orale en poulâr (variante dialectale du peul) chantée a capella sur les bords du Fleuve Sénégal. Cette pratique poétique, réservée jusqu'à présent à la caste des pêcheurs, est profondément ancrée dans un territoire local puisqu'elle retrace en mots l'itinéraire des poètes circulant de villages en villages au bord du fleuve. Cette forte dimension géographique permet à chaque poète d'exprimer sa vision d'un paysage en plein mouvement, de tracer une cartographie émique qui met en avant l'influence du fleuve sur l'organisation spatiale et culturelle. C'est pourquoi à bien des égards, le Diârâlé peut être défini comme une poésie paysagère et comme une véritable entreprise écopoétique.

 Cet ancrage dans le paysage et la culture fluviale permet aussi au Diârâlé d'être le porte-parole d'un discours écologique local. En effet, en faisant du paysage un moteur poétique, cette poésie est l'un des premiers témoins des bouleversements écologiques majeurs qui surviennent dans la vallée depuis une cinquantaine d'année. Dans ce contexte, la poésie devient une arme discursive à part entière qui participe à la défense d'une vision autochtone de la gestion des ressources naturelles.

Cette communication propose d'analyser ce glissement du discours poétique au discours politique. 

 

Résumé proposé pour l'atelier que je coordonne intitulé "Littératures africaines et environnement : un engagement écopoétique ?".



  • Autre
Personnes connectées : 3