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TRANSITION POLITIQUE MATRISEE, RESILIENCE DE L'AUTORITARISME ET CONSECRATION DU RDPC COMME ALTERNATIVE DOMINANTE DE L'ENGAGEMENT POLITIQUE : Le parti dans la circonscription politique du Mfoundi VI au Cameroun
Moïse Tchingankong Yanou  1, 2@  
1 : Universite de Yaoundé II  (UYII)
BP: 18 Soa -  Cameroun
2 : Centre d'Etudes et de Recherches en Dynamiques Administratives et Politiques  (CERDAP)
BP: 1322 Yaoundé -  Cameroun

1990 au Cameroun comme dans les autres Etats d'Afrique noire francophone est la décennie des transitions politiques. Le passage est opéré d'une ère de parti unique marquée par le règne de l'Un et de la politique discrétionnaire à une conjoncture de pluralisme politique où la concurrence entre les offres partisanes est désormais instituée comme règle de jeu de la vie politique. Si la nouvelle configuration s'impose au terme des luttes pour la détermination des formes légitimes de l'interaction et de l'action politique, pour autant, les partis politiques qui émergent lors de cette conjoncture comme le Social Democratic Front (SDF) et même celle contemporaine, notamment le Cameroun People Party (CPP) et le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) ne disposent pas toujours des divers capitaux leur permettant de se hisser au pouvoir et de l'exercer. L'épreuve de la représentativité territoriale pour ces partis politiques si tant est qu'ils sont des organisations durables, complètes et désireuses d'accéder au pouvoir par un soutien populaire est problématique.

A l'épreuve de ce constat le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) est l'unique parti camerounais disposant d'un encrage territorial superposable à la division administrative de l'Etat. Un tel maillage politique du territoire lui garanti une participation à chacun des scrutins organisés au niveau national. Cette domination spatiale du champ politique, quelque fois par des verrouillages institutionnels et des capacités de rétribution, est effective depuis la consécration du pluralisme politique avec les lois du 10 décembre 1990 sur les libertés d'association. Le corollaire de cette hégémonie politique est la constitution du RDPC en champ politique restreint dans chacune des circonscriptions politiques en compétition. En réalité, la libéralisation politique du début de la décennie 1990 devient plutôt une libération de la concurrence au sein de ce groupe. Elle est accentuée par les voies plurielles de politisation des individus en sa faveur (par décret, par héritage, par engagement, etc.). La densité des militants, tant au niveau central que local, cristallise davantage les enjeux internes qu'externes au parti.

Le RDPC, le groupe dominant d'avant 1990, à l'épreuve des manœuvres politiques, connaît alors des recompositions qui lui permettent de demeurer la principale rampe d'accession au poste de direction de la société, à la fois pour ses partisans et pour ceux des partis politiques adversaires. Il s'agit là de dynamiques qui contribuent à faire du RDPC un champ politique à part entier de la vie politique. Une économie des échanges politiques internes au RDPC dans l'arrondissement du Mfoundi VI, lors des conjonctures électorales interne et externe révèle à cet effet la vie local du parti comme une succession de séquence de rivalités entre les militants. Les rivalités de représentation de cette circonscription politique en est un marqueur notable de ces fluctuations du système politique entre autoritarisme et démocratie au Cameroun, en même temps le brouillage des repères socio-politique. 



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