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NORMALISATION DE L'ACTION POLITIQUE DIASPORIQUE, TRANSNATIONALISATION DU CHAMP POLITIQUE ET REAMENAGEMENT DE L'AUTORITARISME ETATIQUE AU CAMEROUN
Moïse Tchingankong Yanou  1, 2@  , Yves Patrick Mbangue Nkomba  1@  
1 : Universite de Yaoundé II  (UYII)
BP: 18 Soa -  Cameroun
2 : Centre d'Etudes et de Recherche en Dynamique Administratives et Politiques  (CERDAP)
BP: 1322 Yaoundé -  Cameroun

La diaspora camerounaise est reconnue comme participant au développement économique et social de leur pays natal. Concomitamment à ce rôle économique et financier, une tranche politisée de cette population s'est régulièrement distinguée par une participation à l'animation de la vie politique. Les actions non exclusives de Brice NITCHEU secrétaire exécutif du « code », de Célestin DJAMEN de l'Union pour une Diaspora Active (UDA) ou de Pierre Mila ASSOUTE, transfuge du RDPC parti au pouvoir, en sont des traceurs. Sont aussi à noter et même à prendre au sérieux l'émergence depuis l'étranger de Blog comme « Cameroonblog.info » et des sites politiques d'information en ligne telle « Camer.be ». Il s'agit là d'un déploiement multiforme qui constitue une demande de légitimation de la part de la communauté des camerounais résidant hors du territoire. L'octroie du droit de vote, par la loi n°2011/013 du 13 juillet 2011 relative au vote des citoyens camerounais établis ou résidant à l'étranger, consacre l'existence politique de ceux-ci. Ce texte reconfigure le jeu politique par la libération qu'elle opère s'agissant de la lutte pour la conquête de ces nouvelles voix internationales entre les partis de l'opposition comme le SDF, l'UDC et le MRC, et, le parti au pouvoir.

Si ces transformations sont réelles, il est aussi riche de considérer que ce texte à l'inverse est une ressource pour la consolidation du pouvoir du régime. La diaspora camerounaise est estimée à 4 millions de personnes soit plus de la moitié du corps électoral annoncé par l'organisation en charge des élections (ELECAM). Le contrôle de ces électeurs se fait par la production d'un texte qui autorise le gouvernement à être au centre de l'organisation du dispositif électoral à l'étranger en contradiction avec le code électorale. En plus de ce qui précède, le nouveau texte est une manœuvre politique qui rend désormais illégitime toute action s'inscrivant dans un dispositif non conventionnel. Dès lors, toute mobilisation de la diaspora pour des revendications quelconques : non modification de la constitution, départ du président Paul Biya, biens mal acquis par le Hommes du régime en place, etc. serait vu comme incongru ; puis que par ailleurs la seul voie instituée pour exprimer un choix est désormais celle des urnes.

La réflexion s'inscrit dans la tendance des analyses sur le post autoritarisme dans le champ politique en Afrique depuis la vague des transitions politiques des années 1990. La problématique ici défendue se distingue néanmoins par l'intérêt porté à la transnationalisation du champ politique national et les enjeux de contrôle de ce nouvel espace. Dans cette perspective, il s'agit alors d'effectuer une sociologie de la configuration nouvelle, des instruments, des échanges et des changements qu'elle induit sur la figure de l'Etat.



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