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Une sociologie de l'élite militaire : la cas des militaires malgaches formés en ex-URSS dans les années 1980
Josie Volaravo Dominique  1, *@  
1 : Institut des mondes africains  (IMAF)  -  Site web
Institut de Recherche pour le Développement - IRD (FRANCE), Aix Marseille Université, École Pratique des Hautes Études [EPHE], Université Paris I - Panthéon-Sorbonne, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), CNRS : UMR8171
Institut des mondes africains - 96, boulevard Raspail 75006 Paris -  France
* : Auteur correspondant

En décembre 1975, la constitution d'inspiration socialiste et la Charte de la Révolution sont adoptées par les malgaches. La « Révolution Socialiste » de Didier Ratsiraka, sera le régime politique en place jusqu'en 1992. Les relations avec les pays de l'ex-URSS sont bilatérales : d'une part dans la logique expansionniste du bloc soviétique l'emplacement de l'île durant la Guerre Froide présente des intérêts géostratégiques. D'autre part, ce rapprochement constitue une opportunité pour Madagascar qui est dans l'urgence de former de nouvelles élites.

Dans ce contexte, les 26 premiers élèves-officiers de l'armée de l'air furent envoyés en 1978 à Krasnodar. Nous pouvons distinguer trois types de catégorie des officiers militaires qui ont été formés en ex-URSS :

- Ceux qui ont effectué toute leur formation d'élèves officiers.

- Ceux qui ont été envoyés pour des formations ponctuelles (par exemple formation sur MIG 21).

- Ceux qui ont eu une bourse d'étude en complément d'une formation militaire initiale à l'Académie militaire.

Ces parcours souvent méconnus sont souvent sources de mythe ou de crainte de la part de leurs pairs et des générations précédentes issues d'une formation occidentale. Une appréhension soutenue par le manque de transparence dont fait preuve les gouvernements des régimes soviétiques. Cela implique que le retour et l'intégration sont souvent problématiques surtout après l'effondrement du bloc socialiste.

Si à ce stade notre recherche, nous n'avons pas de visibilité claire sur les contenus et la différence entre les différentes formations, nous pouvons affirmer qu'il existe une méfiance à l'égard des militaires formés en ex-URSS. De quoi rendent compte ses méfiances ? Ont-elles permis la légitimation de la mise à l'écart de cette partie de l'élite militaire? En effet, la difficulté de ces militaires de s'insérer dans le pouvoir politique et économique et d' être considéré comme une élite militaire au même titre que ceux qui viennent de Saint-Cyr ou de l'Académie Militaire malgache est flagrante.

Pour contourner ces difficultés, des stratégies ont été mises en place: certains ont été obligés de passer par un pays occidental pour légitimer une certaine reconnaissance, d'autres ont intégré des associations politiques ou se sont regroupés entre eux ce qui permet de déceler l'existence d'un corporatisme autour des formations d'origine.

Nous pourrons interroger également le rôle prépondérant des officiers militaires au sein du parti unique AREMA en tant que cadres militaires « révolutionnaires ». Ce qui revient à questionner la plus value de la formation des pays de l'ex-URSS dans les années 1980 de ces cadres militaires ainsi que de l'influence de cette formation sur le plan politique.



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