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«Nouvelles façons» de militer dans les associations estudiantines et «clochardisation» de l'étudiant camerounais.
Ferdinand Mben Lissouck  1@  
1 : Université de Yaoundé I  (UYI)  -  Site web
• B.P. 337 • Yaoundé • Centre • Cameroun • Tél. +237 242 22 13 20 -  Cameroun

Les travaux sur les associations à l'échelle globale montrent qu'elles se constituent pour permettre à leurs membres de lutter contre leur exclusion sociale. L'observation des «nouvelles» associations estudiantines à Yaoundé montre qu'elles ne travaillent plus fondamentalement à défendre les intérêts des étudiants locaux. Les études consacrées aux mouvements étudiants en Afrique et au Cameroun ayant tendance à les considérer soit comme foyers de contestations; soit comme des réseaux d'entraide et à les étudier comme tels, cette recherche appréhende une nouvelle façon de militer dans les associations universitaires locales qui privilégie la satisfaction des intérêts particuliers au détriment l'intérêt général. Et, pour mettre en rapport nouvelles façons de militer dans les associations estudiantines et clochardisation de l'étudiant camerounais, cette recherche privilégie l'enquête qualitative. Pour ce faire, en dehors d'abondantes sources documentaires, une vingtaine d'entretiens ont été effectués auprès des responsables du Ministère de l'enseignement supérieur, ceux de l'Université de Yaoundé I, et auprès des militants d'associations universitaires de tous bords. Les données utilisées, ici, proviennent d'une enquête effectuée dans le cadre d'un doctorat en fin de rédaction. Les résultats indiquent que les associations à caractère ethno-régionales, les cercles d'amis et autres associations d'étudiants des établissements universitaires locaux sont devenus, dans l'imaginaire de nombreux apprenants, des tremplins censés garantir un destin enviable à leurs militants dans une société camerounaise où le taux de chômage des jeunes reste très élevé. Et, la particularité de ces associations nouvelles est qu'elles sont fondamentalement à la solde des dirigeants locaux, qui s'en servent régulièrement pour discréditer les associations historiques de défense des droits des étudiants camerounais et pour étouffer le mécontentement à l'université où les conditions d'études restent largement en deçà des standards internationaux: laboratoires aux équipements désuets, bibliothèques hors service, sonorisation inexistante dans la plupart des amphithéâtres, logements universitaires insuffisants, absence de connexion internet...



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