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L'Etat face à la privatisation de l'action publique par les ONG : cas de la conservation de la biodiversité à Madagascar
Andrianina Lydia Rakotosoa  1@  
1 : Département du Changement social et développement, Faculté des sciences sociales- ULg (Belgique) et Laboratoire de l'Economie et politique des ressources naturelles, Ecole Supérieure des sciences agronomiques - Université d'Antananarivo (Madagascar)  (ULg ( Belgique) et ESSA-Forêts (Madagascar))

Atelier: Le gouvernement international et les politiques publiques de conservation en Afrique : de la circulation des normes à l'hybridation des processus locaux de gestion des ressources naturelles/ Hélène Blaszkiewicz, Université Jean Moulin Lyon 3 et Mariama Diallo, CNE/EHESS, Paloc

Sous l'impulsion des bailleurs de fonds, l'adoption du programme d'ajustement structurel de 1982 a initié le retrait de l'Etat Malagasy dans la gestion des actions publiques. Celle-ci a été suivie par l'adoption des nouvelles approches du développement basées sur l'orientation « gouvernance-participation-décentralisation » avec la déclaration de Rio en 1992. Ce qui a complètement redéfini les rôles de l'Etat dans la conception et la mise en œuvre de la politique publique. Dans le domaine de la gestion de l'environnement, les ONG de conservation (ONGC) ainsi que les communautés locales de bases (VOI) deviennent dès lors les nouvelles gestionnaires des ressources et constituent les nouvelles parties prenantes de l'Etat en faillite pour la mise en œuvre du Programme national d'action environnemental (PNAE) depuis 1992.

Cette proposition interroge le mécanisme de fonctionnement de l'administration forestière dans un contexte de décentralisation et de dépendance à l'aide. Elle permet de voir la complexité des rapports de l'administration avec les ONGC et les VOI dans le cadre de l'Etat local. Les résultats présentés ici proviennent d'une étude réalisée dans la zone forestière d'Ankarafantsika à Madagascar dans le cadre d'un travail de doctorat.

Dans l'ère actuelle du développement de la gouvernance internationale et où le pays sous régime d'aide n'a pas les moyens pour mettre en œuvre sa propre politique, l'action publique se fait à travers les projets de développement. Les ONGC qui reçoivent la majorité des financements et qui jouent le rôle de courtiers techniques et financiers sont devenues des acteurs plus indépendants dans la définition et la mise en œuvre projets. Bien qu'elles soient devenues incontournables, on assiste à une perte d'autonomie de l'administration dans la coordination de l'action publique autant qu'à une amplification de sa défaillance aux yeux de la communauté locale. Pourtant, elle constitue l'institution pérenne responsabilisée pour assurer la réussite des actions une fois les projets terminés. Ceci étant plus important dans la mesure où aucun transfert de fond n'a accompagné le transfert de pouvoir vers les VOI et que le transfert de fond vers le service forestier déconcentré ne permet pas à ce dernier d'assurer ses fonctions. Contrairement aux résultats attendus de la décentralisation, il s'agit plutôt d'une privatisation de la conservation de la biodiversité par les ONGC pour persister dans ce secteur qui est devenu très rentable.

 



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