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De la migration d'étude en France aux transferts d'argents des étudiants ouest africains.
Papa Oumar Ndiaye  1@  
1 : Groupe de Recherches et d'Etudes Sociologiques du Centre Ouest  (gresco)
Université de Poitiers
Université Poitiers -  France

Atelier : Migration, circularités et relations transnationales dans les Afriques cosmopolitiques : réaf2016 : 84 113.

Mon travail de recherche de master prolongé en thèse sur le thème : Migration et transferts d'argent : quand les "jeunes sénégalais étudiants" s'en mêlent... revient sur la question des transferts d'argent internationaux des migrants en proposant un décentrement des regards vers les envois de fonds des étudiants qui sont souvent sous-estimés voire ignorés dans ces approches. À travers des méthodes sociologiques et ethnographiques d'entretiens et d'observations, il a été ainsi montré que les transferts d'argent effectués par les étudiants vers leurs proches restés au pays existent non seulement, mais répondent à des normes socialement identifiables. De même, cette solidarité ne née pas, contrairement au schéma classique des transferts d'argents où le migrant travailleur, après avoir trouvé un travail et épargné de l'argent, s'adonne aux envois de mandats. Mais paradoxalement d'une insuffisance de revenu à laquelle les étudiants étrangers sont confrontés. Ils se trouvent souvent contraint de compléter par un emploi leurs ressources insuffisantes. Cette situation entraine des transferts d'argent entre les pays d'origine de ces étudiants et leurs pays d'étude qui ne vont pas des premiers vers le second mais aussi du second vers les premiers.

En poussant ensuite le questionnement sur la source des sommes transférées (le "petit boulot" étudiant), un lien a été établi entre ces mandats d'étudiants et une probable fixation définitive ou à long terme de ces étudiants en France. Il ouvre ainsi des perspectives sur l'existence ou pas, de nouveaux enjeux autour de la migration étudiante ouest africaine en France : celle-ci se transformerait-elle, sous certaines conditions, en migration de travail ? La valeur réelle d'une telle posture ne peut être appréciée que si nous jetons un bref regard en arrière afin de voir, comment se présentait, il y a vingt ou trente ans, les migrations africaines en France. Ces formes actuelles ou « abouties » de migration en France ont connu des évolutions et ne sont certainement pas exemptes d'en connaitre de nouvelles (cf. A. Sayad, 1999, sur les âges de l'immigration algérienne en France ou A.S. Tall sur l'histoire de la migration sénégalaise en France, 2008).


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