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Une (autre) histoire des images photographiques en Afrique : quelles “manipulations” pour quelles lectures ?
Marian Nur Goni  1@  , Erika Nimis  2, *@  
1 : Centre de recherches sur les arts et le langage  (EHESS/CRAL)  -  Site web
CNRS : UMR8566, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)
96 Bvd Raspail 75006 PARIS -  France
2 : UQAM
* : Auteur correspondant

Les photographies sont souvent les premiers documents par lesquels notre attention est attirée vers tel ou tel événement, tel ou tel sujet. Ces documents dont, souvent, on ne connaît pas ou peu les conditions de production sont devenus pour certains d'entre eux - si on pense par exemple aux photographies de la période des indépendances (scènes ou portraits « historiques ») - des icônes et se retrouvent constamment « revisités » dans leur circulation sur papier, sur pellicule et plus récemment sur support numérique, avec un impact autrement plus fort, grâce à Internet et aux réseaux sociaux, au gré de l'actualité et des motivations de ceux qui les diffusent.

Tout au long de sa vie, une image photographique, qu'elle soit argentique ou numérique, ne cesse d'être manipulée par différents acteurs. Aspect souvent passé sous silence, nous nous intéresserons au cours de cet atelier aux « gestes », invisibles ou non, qui permettent l'apparition ou la réémergence de ces photographies à certains moments précis sous telle ou telle forme, dans tel ou tel contexte : comment ces gestes affectent-ils (ou ont-ils affecté) notre compréhension de ces images et des événements qu'elles donnent à voir ? Et quels sont les enjeux culturels, politiques, économiques et sociaux qui les sous-tendent (ou qui les ont sous-tendus) ?

Toute la palette des interventions « post-production » – de l'éditing de ces images aux gestes nécessaires à leur préservation et jusqu'à leur destruction – est concernée par cet appel, ce qui suppose de décentrer son regard du seul producteur de l'image d'origine – le photographe – pour s'intéresser à tous les autres acteurs qui manipulent physiquement l'objet photographique – en l'imprimant, en l'exposant / le projetant (ou pas), en l'intégrant au sein d'une œuvre plastique etc. – et contribuent par là à enrichir sa polysémie.

Médium à la fois de la simultanéité (notamment avec la photographie numérique) et d'une épaisseur paradoxale du temps, massivement investi par les artistes, les activistes, les communicateurs ou les politiciens ou encore par différentes communautés réelles ou virtuelles, la photographie nous semble un excellent point d'entrée pour aborder les « Afriques cosmopolitiques » dont il sera question pendant les REAF de 2016.

 

A titre d'exemple, les communications pourront être axées sur :

- les pratiques muséales qui ont à gérer, conserver, exposer des photographies historiques ;

- les pratiques de ceux, notamment les plasticiens et les documentaristes / vidéastes, qui travaillent avec des images (fixes ou mobiles) d'archives;

- les pratiques du monde de la presse (recadrage, retouche, trucage, relégendage) ;

- la circulation des images photographiques sur Internet.



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