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Les meneurs de cérémonies festives: statuts, valeurs morales et émotions, dans leur gestion de la distance et de la proximité avec les hôtes et les invités
Laure Carbonnel  1@  , Ismael Moya  2@  , Nicolas Puig  3@  
1 : Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative  (LESC)  -  Site web
CNRS : UMR7186, Université Paris X - Paris Ouest Nanterre La Défense
21 Allée de l'université F-92023 92023 NANTERRE CEDEX -  France
2 : Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative  (LESC)
CNRS : UMR7186
3 : Unité de recherche migration et société  (URMIS)
Institut de recherche pour le développement [IRD] : UMR205

Globalement, trois types de participants composent une cérémonie festive (à l'occasion de mariage, etc.): les hôtes, c'est-à-dire ceux qui invitent et au nom duquel l'événement se tient; les invités qui sont conviés; et enfin des meneurs ou intervenants cérémoniels, tels les musiciens, griots, bouffons, et autres qui participent à faire l'événement. Ces derniers suivent ou accueillent les cortèges, animent danses et festivités, participent aux échanges cérémoniaux, sont aux fourneaux. Mais, qu'ils soient appelés par les organisateurs ou pas, leur présence est plus complexe qu'un simple service rendu ou une demande d'argent : bien souvent, des valeurs morales négatives leurs sont attachés, leur effet dépasse la simple animation, leurs actions engagent des formes émotionnelles et relationnelles particulières. Les enjeux de l'événement, et la confrontation de différents milieux, semblent se répercuter sur le statut et les modalités d'interventions de ce tiers participant.

Cet atelier s'intéresse aux meneurs de cérémonie, à leur manière de gérer la distance et la proximité avec les autres participants, ainsi qu'aux valeurs et statuts particuliers qui leurs sont attribués. Les meneurs appartiennent à des catégories sociales particulières. Parfois ce statut est un métier secondaire caché dans la vie quotidienne (Puig 2009 pour les musiciens au Caire), parfois il est une catégorie sociale héréditaire revendiquée (Moya, 2011, les griots au Sénégal), parfois il est un statut secondaire revendiqué sans que la position sociale ne soit réellement affectée (Carbonnel 2015, les bouffons rituels au Mali). Au travers d'une ethnographie fine de leurs interventions, l'objectif est de saisir la relation entre les statuts attribués et le déroulement des festivités, entre les valeurs morales conférées aux intervenants et la valence émotionnelle de leurs interventions, de manière à dégager des configurations et à en montrer les enjeux.

Pour faciliter la comparaison, nous proposons plusieurs dimensions que les contributions pourront aborder.

- Le choix des intervenants. Qui mène les cérémonies, en termes de statut, de métier, et à qui demande-t-on cela, en termes de proximité.

-Leurs attributs, ceux qui leur sont conférés, ceux qu'ils considèrent eux-mêmes, les formes de regroupements et leurs champs d'intervention.

-Les lieux, les types d'interactions et de relations qui se tissent entre les différents groupements dans les cérémonies.

- Les critères d'évaluation de la qualité des interventions, sur laquelle semble reposer la réussite des cérémonies qui elle-même peut avoir des vertus propitiatoires. 

-Ce que ces intervenants font, créent, ou modifient, par leurs interventions chantées, dansées, louangées, musicales, etc.

Il est attendu des communications qu'elles appréhendent à la fois la texture et les mécanismes de ces interventions, en décrivant leur élaboration et les modalités de participation.


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