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Entre la Chine et l'Afrique : l'émergence de nouvelles figures sociales
Françoise Bourdarias  1@  , Alexandra Galitzine-Loumpet  1, *@  
1 : Centre d'Etudes en Sciences Sociales sur les Mondes Africains, Américains et Asiatiques  (CESSMA)  -  Site web
Université Paris VII - Paris Diderot, Institut de Recherche pour le Développement - IRD (FRANCE)
Université Paris Diderot, Bât. Olympe de Gouges, case postale 7017, 75205 Paris cedex 13 -  France
* : Auteur correspondant

Depuis une décennie, de nombreuses publications ont exploré les formes de mobilité et les stratégies des acteurs économiques - entrepreneurs, commerçants chinois et africains - qui contribuent à orienter les relations d'interdépendance entre la Chine et l'Afrique.

Nous proposerons ici une autre perspective, en mettant au centre de l'analyse les multiples formes d'articulations du politique, de l'économique et des stratégies de catégories sociales qui semblent émerger avec le développement des relations entre la Chine et les pays africains.

La notion controversée de « soft power » a été reprise et appropriée par les autorités chinoises. Des récits s'élaborent, concernant les origines des relations sino-africaines, les luttes anti impérialistes, les affinités entre les cultures et les « traditions » chinoises et africaines. De telles constructions symboliques et les imaginaires qui leur sont liés sont aujourd'hui travaillés par de nombreux gouvernements africains, lorsqu'ils argumentent la légitimité des politiques publiques qu'ils mettent en œuvre dans le cadre des relations Chine-Afrique. Diffusion de savoirs techniques et scientifiques, de normes esthétiques chinoises, développement de l'apprentissage de la langue chinoise et des mobilités étudiantes vers la Chine, appui croissant aux opérations de patrimonialisation des cultures africaines etc. Les éléments de culture chinoise qui viennent s'inscrire dans les configurations sociales africaines donnent lieu à de multiples formes d'appropriation, de syncrétismes locaux qui transforment aussi bien les pratiques culturelles et économiques, les identités que les conceptions du pouvoir politique et de l'État. Ces dynamiques constituent un contexte qui favorise l'émergence de nouvelles catégories d'acteurs chinois et africains. Ces derniers élaborent des stratégies de mobilité sociale en tentant de conquérir des positions d'intermédiaires – de passeurs, de médiateurs culturels ou encore de représentants de la culture chinoise en Afrique, de la culture africaine en Chine – entre les populations locales et les entrepreneurs chinois.

De nouvelles élites, de nouvelles couches intermédiaires sont-elles en voie de constitution dans le cadre des relations entre la Chine et l'Afrique ? Nous espérons pouvoir enclencher un débat sur ce thème.

Les communications présentées dans ce panel peuvent sélectionner un champ particulier de pratiques et mettre l'accent sur les syncrétismes qu'elles permettent d'appréhender : pratiques artistiques, sportives ou patrimoniales, activités de transmission et/ou de mise en œuvre de savoirs techniques et scientifiques, militantisme politique etc. Elles peuvent privilégier une approche sous l'angle de trajectoires, en interrogeant les modes d'acquisition des capitaux culturels et sociaux mobilisés, les constructions identitaires.



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