Bandeau_reaf_Complet.gif

Elites économiques et microcosmes transnationaux en contextes urbains africains
Hélène Quashie  1@  
1 : Institut des mondes africains  (IMAF)  -  Site web
Institut de Recherche pour le Développement - IRD (FRANCE), Aix Marseille Université, École Pratique des Hautes Études [EPHE], Université Paris I - Panthéon-Sorbonne, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), CNRS : UMR8171
Institut des mondes africains - 9, rue Malher 75004 Paris -  France

Appel à communication

4èmes Rencontres des Etudes Africaines en France – 5, 6,7 juillet 2016, Paris.

Date limite de proposition : 15 janvier 2016.

Hélène Quashie (IMAf, EHESS).

 

 Elites économiques et microcosmes transnationaux en contextes urbains africains

La recherche en sciences sociales a étudié en Afrique des groupes sociaux dont les acteurs bi-nationaux ou de nationalité étrangère, s'inscrivent, souvent à partir des milieux urbains, dans des réseaux « diasporiques » récents ou anciens, issus de la Chine, du Liban et de l'Inde. Cet atelier s'intéresse à la présence d'autres groupes sociaux étrangers dans les localités urbaines et péri-urbaines africaines qui font l'objet de peu d'études en sciences sociales et en études africaines. Ils résultent de mobilités internationales vers ce continent et à l'intérieur de celui-ci, dans les domaines professionnels des affaires, de l'humanitaire, de l'enseignement, de l'administration consulaire, de la coopération interétatique, de la recherche, de l'aide au développement. Leurs acteurs sont inscrits dans des réseaux occidentaux dits d'« expatriation » (Amérique du nord, Europe), parfois issus d'Asie, mais aussi d'Afrique où ces mobilités professionnelles sont croissantes. Ils attirent également les individus actifs et retraités investis dans des projets associatifs, en reconversion professionnelle ou en mission ponctuelle.

Ces groupes sociaux fort hétérogènes participent au caractère cosmopolite de l'urbanité africaine et constituent des élites économiques transnationales souvent établies en microcosmes, à la marge des sociétés locales, en raison des ressources importantes dont elles bénéficient. Quelle influence leur présence a-t-elle sur les économies locales et les dynamiques d'urbanisation ? Comment participe-t-elle à la constitution de « quartiers d'expatriés », au défrichement de nouvelles zones d'habitation ou à la revalorisation de patrimoines bâtis ? Dans quelle mesure le système touristique et les loisirs locaux sont-ils redessinés par les pratiques récréatives et les espaces de consommation que ces acteurs privilégient ? Comment l'évolution des systèmes d'enseignement locaux est-elle influencée par leurs choix éducatifs ? Que résulte-t-il des antagonismes de classe avec les catégories sociales locales ? On observe en effet la construction de liens de sociabilités fondés sur le contexte professionnel et/ou la nationalité de ces acteurs. Dans quelle mesure ces configurations sociales alimentent-elles des enjeux d'ethnicité ou de racialisation ? Quelles perceptions les sociétés locales entretiennent-elles à l'égard de ces résidents particuliers ? Leur poids économique a-t-il des incidences politiques, malgré l'absence quasi généralisée de double nationalité et de droit de vote pour ces acteurs ?

Cet atelier questionnera également la manière dont la recherche peut aborder l'étude de ces microcosmes issus de migrations Nord-Sud inversées et de trajectoires professionnelles à travers le continent africain, rendues invisibles par l'analyse intensive des mobilités économiques et politiques au départ de l'Afrique. La proximité sociale des chercheurs, réelle ou supposée, avec ces élites transnationales, complique-t-elle l'appréhension des phénomènes sociaux dans lesquelles elles s'inscrivent ?



  • Autre
Personnes connectées : 5