Bandeau_reaf_Complet.gif

Quels Etats pour quelles « Afriques cosmopolitiques » ?
Céline Thiriot  1@  
1 : Les Afriques dans le monde  (LAM)  -  Site web
Sciences Po, CNRS : UMR5115
11, Allée Ausone 33607 PESSAC CEDEX -  France

Resp : Amadou Keita, Stéphanie Lima, Céline Thiriot

Les Etats africains sont souvent considérés comme des Etats fragiles, ou encore des Etats en mal d'appropriation. Dévoré par sa société ou vécu comme totalement extérieur à celle-ci, l'Etat reste cependant central, objet de demandes fortes des populations (sécurité, éducation, santé, services publics...) comme des partenaires internationaux. En cela, l'Etat est dans le jeu des acteurs, tout comme il est un enjeu. L'Etat est agi, autant, voire plus, qu'il n'agit. La figure de l'Etat africain extraverti étant déjà bien renseignée, ce panel propose une lecture de l'Etat en contexte cosmopolitique. Alors que le paradigme cosmopolitique repose sur une prise de conscience politique et une volonté d'engagement, à l'opposé de la technocratie et de ses modes de gouvernement, l'Etat peut être interrogé : quels Etats pour quelles Afriques cosmopolitiques ? Nous proposons dans cet atelier pluridisciplinaire, de saisir ce qui fait Etat au réel, dans un contexte de forte extraversion, et (re) poser la question de l'Etat de plusieurs manières :

1) L'Etat dans sa matérialité et dans sa symbolique : Etat ressource, Etat instrumentalisé ? On peut saisir l'Etat au travers de ses matérialités comme de sa spatialisation, action et service public, et aménagement du territoire. On peut le saisir au travers de sa construction symbolique au travers de sa capacité inclusive en tant qu'espace de sens pour les acteurs, définissant un « dedans » (insiders) d'un « dehors » (oustiders). On peut le saisir enfin dans son instrumentalité, par le biais des acteurs qui se mobilisent vers/contre l'Etat. Ce sont concrètement de multiples espaces d'interactions qui sont constitutifs du fait étatique et qui empêchent un constat uniforme de faible matérialité et institutionnalisation de l'Etat.

2) L'hybridation des référentiels : engagement local et engagement transnational autour de l'Etat. Face aux dynamiques transnationales qui se déploient dans plusieurs champs, du culturel au religieux, du symbolique à l'économique, du social au politique, les trajectoires individuelles et collectives au sein des sociétés, en Afrique et hors d'Afrique (diasporas) posent la question des dimensions politiques et spatiales de l'engagement. Au quotidien, quels sont les parcours d'engagement des fonctionnaires, administrés, citoyens, des diasporas ? Comment croisent-ils l'action de l'Etat, comment s'articulent-ils avec les politiques publiques, la décentralisation, quelles ressources sont mobilisées dans ces engagements ?

3) Quelles modalités de reconstruction de l'Etat ? Face à une consolidation différentielle des Etats, les trajectoires de la reconstruction engagent une multiplicité d'acteurs. L'Etat post-conflit est-il mieux à même d'inventer un modèle de démocratie et une organisation administrative efficace ? Quelles sont les modalités de reconstruction de l'Etat « post-conflit » (au Mali, au Sud-Soudan, en Centrafrique, etc.) ? Quels en sont les acteurs ? Par quelles négociations la reconstruction passe-t-elle ? Sur quels lieux et quels territoires s'appuie-t-elle ?

 



  • Autre
Personnes connectées : 1